Comment aider ?

Vous voulez changer le monde ? Vous êtes au bon endroit ! Rejoignez W4 dans son action pour l'émancipation des femmes et des jeunes filles ! Vous pouvez donner à nos projets à travers le monde, créer votre équipe de levée de fonds, offrir vos services comme e-volontaire et/ou parler de nos actions autour de vous.

Comment aider ?

Choisissez un ou plusieurs projets qui vous tiennent à coeur dans notre portefeuille de projets à travers le monde, faites un don et suivez son impact sur le terrain : votre don peut changer, voire sauver des vies !

Comment ça marche ?

Créez votre propre super équipe afin de lever des fonds pour un ou plusieurs projets qui vous tiennent à coeur, puis invitez vos amis/collègues/famille à donner et à changer le monde à vos côtés ! Multipliez le bien autour de vous, multipliez votre impact !

Comment ça marche ?

Offrez à un ami / un collègue / un être cher un cadeau unique et inoubliable avec une carte cadeau W4 ! Quand vous offrez une carte cadeau W4, le destinataire de votre cadeau peut choisir le projet qu'il souhaite soutenir parmi de nombreux projets d'émancipation des filles et des femmes à travers le monde. Le destinataire va recevoir des informations régulières tout au long de l'année concernant ce projet, ainsi que des goodies W4 en lien avec le projet. Alors, offrez une carte cadeau W4 et diffusez beaucoup de joie et d’amour autour de vous !

WOWWIRE

Le blog

Rechercher

Rencontre avec l’équipe de Debout Fille, oeuvrant chaque jour contre le mariage d’enfants

Equipe editoriale W4

11/10/2018

 

#StopAuxMariagesPrécoces

#EndChildMarriage

 

Le partenaire de terrain de W4, Debout Fille, propose une série d’activités de sensibilisation aux problèmes liés au mariage des enfants ; mais aussi des formations aux outils numériques et de nombreuses opportunités de s’engager pour mettre un terme à cette pratique. Au-delà des nombreuses activités proposées, W4 et Debout Fille travaillent dans le but d’éliminer les pratiques violentes envers les filles afin qu’elles puissent avoir un accès universel à l’éducation et à la santé sexuelle et reproductive.

 

 

Quels sont les programmes principaux que vous développez pour mettre fin aux mariages des enfants ?

 

Nous avons créé un programme pour la Santé, les Droits Sexuels et Reproductifs, et la Lutte contre les violences sexuelles basée sur le genre et les pratiques nuisibles. Il gravite autour de cinq stratégies dont l’autonomisation et le leadership, à travers l’information, l’éducation, la communication et la formation.  Notre programme propose des espaces sécurisés pour les filles et autres défenseurs des droits qui prennent diverses formes: « Ecoles de vie pour adolescentes », « Ecoles de parents » et « Parlements des filles ».

 

Ce programme entend aussi mobiliser la société civile et les médias, impliquer de nouveaux acteurs (hommes, jeunes garçons et autres alliés non traditionnels) et créer des partenariats pour la défense des droits à la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) et la fin des pratiques nuisibles. Notre travail de plaidoyer vise à modifier les normes sociales, politiques et législatives vers un accès universel à la santé sexuelle et reproductive ; nous souhaitons également un renforcement des capacités organisationnelles des Organisations Sociales Communautaires.

 

Plusieurs activités ont été mises en place, comme des sessions de formation et de renforcement des capacités destinées aux membres des Parlements des filles et Ecoles de parents. Les jeunes, filles et garçons, et les parents bénéficient ainsi de séances conduites par des éducateurs qualifiés.

 

Par ailleurs, des réunions entre les filles parlementaires et parents défenseurs sont régulièrement organisées ; cela permet de maintenir un dialogue permanent entre les Parlements des filles et les Ecoles de parents.

 

Concernant l’égalité des genres et la fin du mariage d’enfants, nous avons lancé des croisades filles-garçons pour les Droits Sexuels et Reproductifs des Adolescents et des Jeunes (DSRAJ) ; nous organisons aussi des colloques qui nous donnent l’occasion de poursuivre notre travail de plaidoyer et d’effectuer un suivi des engagements pris par nos alliés, qu’ils soient de la première heure ou plus récents.

 

Au cours des six prochains mois nous allons introduire de nouvelles activités. Parmi elles, la production de ressources éducatives, supports de communication et de plaidoyer pour les Parlements des filles et les Ecoles des parents seront des priorités. Nous organiserons aussi des séminaires à l’intention des représentants de nos alliés (anciens et nouveaux) sur les bonnes pratiques communautaires, élaborerons le Plan d’engagement pour les DSRAJ et la fin du mariage d’enfants et lancerons le mouvement #Fini-le-Mariage-d’Enfants qui bénéficiera d’un appui substantiel.

 

Enfin, nous prévoyons le lancement d’une campagne de mobilisation à la fois communautaire, médiatique et artistique avec la création de quatre hashtags : #ElevezvotreVoix-Fini-le-Mariage-d’Enfants ; pour les conférences et débats : #Parlons-nous-en-Fini-le-Mariage-d’Enfants ; et enfin : #CampagneRadio-Fini-le-Mariage-d’Enfants et FestivalArtistique-Fini-le-Mariage-d’Enfants.

 

 

Pourquoi l’accès au numérique et aux formations digitales pour les filles est-il un levier pour mettre fin au mariage des enfants ?

 

Tout est parti de l’exemple donné par une organisation amie de la région, Solidarité des Jeunes Filles pour l’Education et l’Intégration Socioprofessionnelle. Les résultats de son programme phare, Ados féministes Stop Violence, nous a beaucoup inspirés.

 

Quant aux nouvelles technologies numériques, sans nier les risques qu’elles génèrent en matière de cybersexualité notamment, elles représentent sans aucun doute une opportunité pour l’autonomisation et la promotion du leadership des jeunes filles, pour l’autodéfense de leurs droits et la lutte contre le mariage des enfants. Le numérique dote les filles d’un pouvoir, leur donne la parole et leur permet d’élever la voix contre cette violence, contre cette pratique nuisible à la santé qui constitue aussi une violation des droits humains.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur les activités proposées aux filles dans les Clubs et Espaces numériques éducatifs ?

 

Nous souhaitons que notre action migre de plus en plus vers l’espace numérique (web et réseaux sociaux) auquel les gens consacrent plus de temps.

 

En effet, des forums numériques d’éducation sexuelle seront bientôt organisés, des ressources éducatives adaptées seront conçues et partagées. Ces espaces de discussion numérique seront ouverts à un large public, les sujets débattus soigneusement déterminés, modérés et suivis de conclusions documentées et publiées en ligne.

 

Parallèlement à ces débats ouverts à toutes et tous, des groupes de discussion fermés seront aussi organisés avec des personnes (jeunes et leaders communautaires) qui seront choisis selon ce qu’ils peuvent apporter au débat en fonction du sujet abordé.

 

Par ailleurs, des formations et webinaires seront proposés sur l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) en faveur des droits des femmes et de la SSR, et sur la sécurité digitale. Des sondages, campagnes et pétitions numériques seront publiés. Enfin, des groupes de travail seront constitués et leurs résultats partagés en ligne.

 

Quels sont les principaux défis auxquels vous faites ou avez fait face dans votre travail ?

 

Notons en premier lieu le manque de ressources éducatives appropriées et adaptées au contexte de mutation actuel, le manque d’espaces sécurisés pour les Parlements des filles et Ecoles des parents, les contraintes éthiques et déontologiques attachées aux programmes d’éducation sexuelle, les difficultés techniques inhérentes au travail de suivi des données, de documentation et de traitement des sons et vidéos.

 

N’oublions les aspects monétaire et politique qui freinent l’accès universel à la SSR.

 

Vos succès sont nombreux. Pouvez-vous partager avec nous vos récents accomplissements ?

 

Un chiffre parlant pour commencer : 86% des filles sensibilisées ont finalement pris conscience de leurs droits en matière de sexualité et de procréation, et considèrent maintenant le mariage précoce et forcé comme une pratique nuisible et une violation de leurs droits. 50 filles parlementaires sont aujourd’hui engagées dans l’éducation de leurs paires sur les droits sexuels et les moyens de prévenir un mariage précoce et forcé et de revendiquer leurs droits. Ces jeunes filles parlementaires ont brisé publiquement le tabou de la sexualité en invitant leurs parents et éducateurs à une éducation sexuelle complète et adaptée aux enjeux modernes d’une région en pleine mutation. Elles et les membres des clubs ont partagé leurs expériences dans les colloques sur la vie sexuelle des jeunes et leur exposition aux grossesses et mariages d’enfants. Elles ont ainsi participé au travail de plaidoyer en partageant leurs vécus, expériences et témoignages.

 

Du côté des parents, 15 se sont engagés comme défenseurs des droits dans des actions de plaidoyer pour l’intégration de l’éducation sexuelle dans tous les milieux éducatifs et la mobilisation des alliés non traditionnels pour la défense de la SSR.

 

mariages enfants Congo

 

77.1% des leaders communautaires considèrent de façon plus positive et progressiste les ONG qui défendent les droits des filles et luttent contre les pratiques nuisibles ; la croyance selon laquelle l’éducation est à la base de la dépravation des mœurs recule nettement. Justement, parmi les leaders que nous avons mobilisés, 73.3% ont rendu compte de leurs progrès dans la mobilisation des alliés non traditionnels.

 

Nous comptons à ce jour 15 nouveaux alliés non traditionnels qui se sont ralliés à notre cause. Parmi eux, citons les responsables des chambres de prière et guérisseurs traditionnels, chorales, comités de parents d’élèves, comités de médiation et de conciliation des villages, groupes de pression de la société civile, médias, artistes, chercheurs et étudiants dans les secteurs social, sanitaire, médical et juridique, le secteur privé, etc. Onze d’entre eux se sont engagés activement dans la défense de SSR pour la fin des mariages des enfants à travers leurs activités.

 

Au niveau des groupes chrétiens de vocation, responsables des chambres de prière, guérisseurs traditionnels et chorales, l’accent a été mis sur l’éducation sexuelle des jeunes et l’orientation libre et sans jugement vers un service de soutien approprié. Des programmes ont été mis en place au sein de certains groupes de jeunes croyants et chorales avec l’appui pédagogique de Debout Fille.

 

Au sein des comités de parents d’élèves et comités d’élèves, un suivi précis des cas de grossesses non désirées et agressions sexuelles a été établi, tout comme l’appui au processus d’assistance légale pour la réintégration des adolescentes enceintes ou mères. Cette activité de suivi rapproché permet de révéler des données sur les cas de mariages forcés qui n’existaient pas auparavant et de lutter contre la minimisation du problème aux niveaux social et politique.

 

Actifs eux aussi, les professeurs d’éducation civique et morale relèvent les lacunes dans les programmes scolaires, proposent des révisions concrètes des manuels scolaires, organisent des leçons-débats plutôt que des cours magistraux sur la SSR et offrent des réponses pratiques aux préoccupations des jeunes.

 

Côté parents, beaucoup de ceux qui sont engagés comme défenseurs témoignent de l’amélioration de leur relation avec leur enfant. Ils se réjouissent d’une confiance accrue, d’un dialogue permanent sur la vie active de leurs enfants et les dangers qui les guettent ; la honte et le tabou autour la sexualité est entrain d’être brisé au sein même des famille.

 

Les comités de médiation et de conciliation des vieux sages et les juges coutumiers des villages sont continuellement sensibilisés et reconnaissent que le mariage d’un enfant est un mariage forcé, qu’il constitue une infraction pénale et ne doit pas faire l’objet d’une médiation entre familles. Ils sont de plus en plus nombreux à décourager ces pratiques.

 

Quant aux Organisations de la Société Civile (OSC) et groupes de pression civils, ils militent activement pour accroître leur participation aux politiques publiques favorables à la SSR et la fin du mariage des enfants. Plutôt que de travailler en ordre dispersé comme ce fût longtemps le cas, les OSC ont désormais établi un mémorandum d’entente sur les modalités de participation et de concertation avec les autorités locales et leurs partenaires extérieurs.

 

Les médias jouent un rôle actif eux aussi puisqu’ils augmentent le nombre de reportages et de campagnes sur les questions de la SSR et du mariage des enfants. Les radios communautaires UMOJA et BARAKA ont prouvé à plusieurs reprises leur engagement à travers la réalisation de reportages sur les questions d’accès universel à la SSR et des mariages d’enfants.

 

mariage enfants congo

 

Les centres d’encadrement des jeunes offrent des espaces pour l’éducation à la vie et aux droits sexuels des jeunes. C’est le cas de l’Espace culturel de Baraka qui offre plusieurs activités et services aux jeunes avec l’appui pédagogique de Debout Fille.

 

Les autorités confessionnelles et traditionnelles ne sont pas en reste ; elles s’engagent elles aussi pour un changement normatif aux niveaux social, politique et législatif.

 

Côté administration publique, la Commission Budgétaire des entités territoriales décentralisées alloue des fonds aux différents programmes gouvernementaux de promotion de la SSRAJ et de la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre, y compris les mariages précoces et forcés des enfants.

 

Enfin, le secteur privé ajoute lui aussi sa pierre à l’édifice. Ses efforts pour la croissance économique, la lutte contre la faim et l’extrême pauvreté viennent renforcer le financement de plusieurs secteurs et mouvements en faveur de la SSR et la fin du mariage des enfants.

 

Découvrez comment vous pouvez soutenir ce projet ici : Des « Parlements des filles » pour en finir avec le mariage des enfants en RDC

Merci de cocher la case au dessus

* Merci de reseigner les champs obligatoires.

Partager cet article

Une histoire à partager?

Contactez-nous
S'inscrire à la newsletter

Notre rédactrice en chef

Andrea Ashworth

est écrivain, journaliste et universitaire. Elle a étudié et enseigné à Oxford, Yale et Princeton. Andrea a écrit pour de nombreuses publications, comme Vogue, Granta, The Times, The TLS et The Guardian. Elle est l'auteur d'un bestseller international, La petite fille de Manchester (titre original : "Once in a house on fire") pour lequel elle a reçu un prix. Andrea cherche à sensibiliser l'opinion sur la violence conjugale et à promouvoir l'alphabétisation et l'éducation.

Close