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Défendons le droit à l’éducation des filles en Afghanistan

Soizic Pelladeau

11/02/2014

« Pays le plus dangereux au monde pour les femmes ». L’Afghanistan est arrivé en tête du classement réalisé en 2011 par la Fondation Thomson Reuters, s’appuyant sur le taux élevé de mortalité maternelle, de mariage forcé et d’alphabétisme féminin. Plus d’une décennie après la chute des Talibans, où en sont les droit des femmes afghanes ?

 

Chekeba Hachemi, fondatrice d'Afghanistan Libre

Chekeba Hachemi est née en Afghanistan. Elle a fui le pays à pied pendant la première guerre d’Afghanistan lorsqu’elle avait 11 ans et est arrivée en France où elle est restée jusqu’à la fin de ses études. Après avoir créé AL, Chekeba n’a cessé de voyager entre les deux pays et est devenue la première femme afghane diplomate en 2001. Son dernier livre, L’insolente de Kaboul, revient son sur histoire personnelle ainsi que sur la situation des femmes afghanes.

 

Dans un rapport de septembre dernier, intitulé « Afghanistan, Ending Child Marriage and Domestic Violence », Human Rights Watch s’attaque à la pratique encore répandue des mariages forcés, qui touche 70 à 80% des jeunes filles, et à leurs conséquences souvent désastreuses. Mariées trop tôt, les adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont deux fois plus de risque de mourir de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement que les femmes âgées de plus de 20 ans. Pour celles qui ont moins de 15 ans, ce risque est multiplié par 5.

 

Le verdict d’HRW est sans appel : le pays détient l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde et « une femme afghane meurt toutes les deux heures pour cause de grossesse ». Heureusement, de nombreux acteurs se mobilisent pour faire évoluer ces réalités. C’est le cas de l’association Afghanistan Libre (AL). Fondée en 1996 par Chekeba Hachemi, l’association est présente dans le district de Paghman, à proximité de Kaboul, et dans la vallée du Panjshir. Cette région montagneuse à majorité tadjike a été très touchée par les offensives des troupes soviétiques puis des Talibans.

 

Afghanistan Libre concentre son action sur plusieurs volets. Le plus important est sans conteste la construction de lycées pour filles car« même lorsque l’on a des droits, tant qu’on n’a pas accès à l’éducation, on ne peut pas se défendre », nous explique Chekeba . Comme l’indique Liesl Gerntholtz, directrice de la division Droits des femmes à HRW, la loi signée en 2009 par le Président Karzaï contre les violences conjugales et les mariages des enfants a permis d’instaurer un cadre juridique, mais les pratiques n’ont que très peu évolué. Et c’est bien là toute la difficulté : faire appliquer les lois face aux coutumes et traditions.

 

Deux jeunes Afghanes étudient à l'école

Pour cette raison, l’action menée par AL pour l’éducation secondaire des filles est vitale. Elle garantit le respect du droit fondamental à l’éducation et permet aux jeunes filles d’être plus indépendantes financièrement, tout en leur offrant un environnement sûr, à l’écart d’éventuelles violences. Après le lycée, les jeunes filles ont la possibilité de recevoir des bourses pour étudier à l’université.

 

Éduquer les filles, c’est aussi donner à la moitié de la population les moyens de participer au développement du pays. Florent Caillibotte, actuellement chef de mission à Kaboul pour AL, atteste des retombées positives des programmes : « les bénéficiaires sont contents et nous recevons de nouvelles demandes. De plus en plus de jeunes filles poursuivent leurs études et ont l’opportunité d’accéder à un emploi. Même s’ils demeurent très genrés pour le moment, il s’agit d’un pas énorme ».

 

Une école de fille en Afghanistan

L’association franco-afghane, à l’image de sa présidente, est composée d’équipes mixtes. Sur place, l’expatrié(e) travaille main dans la main avec l’équipe afghane, tandis que la branche française s’occupe de la recherche de fonds et de la comptabilité. En général, le déroulement est le suivant : construction d’un lycée pour filles, mise en place d’une chambre d’éducation à la santé destinée aux mamans, d’une bibliothèque et d’un programme de soutien psycho-social, alors que les esprits sont marqués par trois décennies de guerre. Tout s’organise autour de l’espace du lycée.

 

« Ce qui fait notre force, c’est qu’on travaille véritablement avec les villageois. C’est pour cela qu’ils nous soutiennent et que nos projets sont pérennes, » poursuit Chekeba. Cette capacité à échanger avec les bénéficiaires directs et indirects des programmes permet de cibler leurs besoins et de mettre en place des solutions adaptées. Ce fut le cas pour les salles d’éducation à la santé. En 2002, lors d’un déplacement dans l’un des villages du Panjhsir, Chekeba s’est aperçue en discutant avec une villageoise que celle-ci était la première à atteindre l’âge de la ménopause. Personne ne savait ce que c’était.

 

Une école de fille en Afghanistan

De la même manière, il suffit parfois de dialoguer pour dépasser un blocage. Ainsi, lorsque l’association a proposé de mettre en place des activités sportives pour les filles, une première en Afghanistan, la consultation avec les villageois s’est soldée par un échec. En discutant avec les pères, Chekeba a compris leur refus : « les murs du lycée n’étaient pas assez hauts et ils avaient peur qu’on voit leurs filles faire des mouvements. On a augmenté la hauteur des murs, et à ce moment là, tout le monde a accepté. »

 

Récompensée en 2011 par le Prix des Droits de l’homme de la République Française, AL est une association pionnière dans plusieurs domaines. En parallèle du volet éducatif, il s’agit de la seule association qui publie, en partenariat avec ELLE, l’unique magazine féminin d’Afghanistan ROZ que vous pouvez soutenir via notre plateforme.

 

En dépit de tous ces signes prometteurs, l’heure est à l’inquiétude. Le retrait des troupes américaines et l’approche des élections présidentielles en avril prochain font craindre un regain de conservatisme et un retour en arrière pour les droits des femmes. Aujourd’hui plus que jamais, la mobilisation est nécessaire pour conserver et renforcer les précieux acquis en termes d’égalité.

 

 

 

 

© 2013, Women’s WorldWide Web

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Notre rédactrice en chef

Andrea Ashworth

est écrivain, journaliste et universitaire. Elle a étudié et enseigné à Oxford, Yale et Princeton. Andrea a écrit pour de nombreuses publications, comme Vogue, Granta, The Times, The TLS et The Guardian. Elle est l'auteur d'un bestseller international, La petite fille de Manchester (titre original : "Once in a house on fire") pour lequel elle a reçu un prix. Andrea cherche à sensibiliser l'opinion sur la violence conjugale et à promouvoir l'alphabétisation et l'éducation.

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