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Ces femmes togolaises exceptionnelles qui portent le mouvement pour mettre fin au mariage des enfants !

L'équipe éditoriale W4

28/07/2020

 

 

Saviez-vous que plus de trois millions (soit un tiers) des filles se marient avant leurs 18 ans chaque année en Afrique subsaharienne ? Il s’agit de la région du monde où la prévalence des mariages d’enfants est la plus forte.[1] Cela vaut la peine de prendre un peu de temps pour réfléchir à ce nombre sidérant. Le problème des mariages d’enfants et des mariages précoces est terriblement répandu au Togo, l’un des pays les plus pauvres au monde où 55% de la population lutte pour survivre en-dessous du seuil de pauvreté. Cette pauvreté est un facteur déterminant qui favorise les mariages d’enfants et les mariages précoces.[2] Ces mariages brisent la vie des filles et des femmes, mettent leur santé en danger, les exposent à la violence et aux abus, limitent leurs perspectives d’avenir et les maintiennent prisonnières de la pauvreté.

 

L’éducation est l’un des moyens les plus efficaces pour protéger les filles et les jeunes femmes contre les mariages d’enfants et les mariages précoces : parmi les jeunes femmes de 20 à 24 ans, 44% sont mariées avant 18 ans lorsqu’elles n’ont pas reçu d’éducation contre 8% lorsqu’elles ont terminé leurs études secondaires. Par ailleurs, le nombre de mariages d’enfants tend à être plus élevé en zones rurales (39%) qu’en zones urbaines (19%).[3]

 

Dans le cadre du partenariat entre W4 et Girls Not Brides, la coalition mondiale pour mettre fin au mariage d’enfants, W4 s’est associé à Carrefour de Développement (CdD), au Togo, pour aider à mettre fin au mariage d’enfants dans les communautés locales et soutenir les femmes survivantes de ces mariages à travers un programme innovant qui combine éducation, sensibilisation de la communauté et mise en place de moyens de subsistance durables pour les femmes. Ce volet du programme relatif aux moyens de subsistance durables repose sur une formation à l’agriculture durable destinée aux femmes des zones rurales, sans emploi et survivantes de mariages d’enfants. Le programme aide également les communautés locales à maintenir une sécurité alimentaire, s’adapter au changement climatique, et promouvoir un programme régional de reboisement et une transition vers des pratiques agricoles durables.

 

L’équipe éditoriale de W4 a eu l’occasion de s’entretenir avec l’inspirant fondateur de CdD, Yao Dogbe, sur la manière dont ces programmes innovants contribuent à mettre fin au mariage d’enfants et à améliorer la vie des femmes et de leur famille au Togo.

 

W4 tient à remercier la Fondation RAJA d’avoir généreusement soutenu le programme de W4 au Togo, en partenariat avec Carrefour de Développement, visant à mettre fin au mariage d’enfants et à soutenir les femmes survivantes de ces mariages.

 

 

Quelle est la raison d’être de votre association ? Racontez-nous son histoire…

 

Tout commence en 1999 avec un constat : les filles et les femmes victimes de violences au sein des familles sont de plus en plus nombreuses. Nous créons alors Carrefour de Développement et décidons d’agir activement en faveur des droits des femmes et filles au Togo. A cette époque déjà, l’association approche certaines familles pour comprendre les causes de ces violences qui, dans la plupart des cas, s’expliquent par la très faible participation des filles et des femmes aux prises de décisions familiales. C’est ainsi que l’organisation a mis au coeur de ses préoccupations, dès sa création, l’être humain comme valeur centrale du développement. Nos activités contribuent à promouvoir les droits humains et la démocratie, la culture de la paix et la résolution pacifique des conflits, l’éducation et la santé pour une meilleure qualité de vie des femmes et des hommes au Togo.

 

Quelle est la prévalence des mariages précoces au Togo et, plus particulièrement, dans la préfecture d’Anié ?

 

Au Togo, un tiers des femmes âgées de 15 à 49 ans se sont mariées ou sont entrées en union libre avant l’âge de 18 ans[4]. Parmi ces femmes, 7% se sont mariées avant l’âge de 15 ans, selon la même source. Certains déterminants sociaux comme les traditions, perceptions et représentations culturelles sont à l’origine de cette pratique. En effet, selon les croyances, la famille est ce qui compte le plus ; il faut donc fonder une famille le plus tôt possible.

 

Dans la préfecture d’Anié, les jeunes filles sont non seulement confrontées aux mariages précoces mais aussi à des grossesses précoces ; ceci constitue un abus sexuel. Selon une enquête réalisée auprès de l’Inspection Préfectorale de l’Enseignement du Secondaire de la préfecture d’Anié sur la situation des grossesses en milieu scolaire pour le compte de l’année 2015, onze grossesses ont été enregistrées au Lycée Moderne d’Anié (LYMOA), neuf au CEG Ville I, neuf au CEG Kolokopé, cinq au CEG Kpassa et dix au Lycée Anié Ville II.

 

Ces abus sexuels portent non seulement atteinte au droit à l’éducation des filles mais engendrent aussi de graves séquelles physiques. Dans le cas de ces grossesses précoces non désirées, les risques d’une grossesse et d’un accouchement difficiles sont plus élevés (taux de mortalité et morbidité élevés pour l’enfant et la mère) ; les avortements non médicalisés et les mariages précoces sont plus fréquents eux-aussi. Ces abus sont aussi à l’origine de la transmission de maladies sexuellement transmissibles comme le VIH et, bien sûr, de profondes blessures psychiques pour les victimes.

 

Quelles sont les personnes qui participent à vos formations et groupes de discussions ?

 

En général, ce sont les jeunes ; y compris les filles scolarisées à l’école ou dans les centres d’apprentissage. Nous accueillons aussi les femmes leaders de leur communauté, les chefs traditionnels et religieux, les enseignants et la/les autorité(s) locale(s). Tous sont notre coeur de cible pour le développement d’activités visant à mettre fin aux mariages d’enfants. Par ailleurs, nous avons établi des partenariats avec diverses associations et ONG avec lesquelles nous coopérons pour renforcer l’efficacité de nos actions.

 

Quels sont vos leviers d’action pour aider les jeunes filles à poursuivre leur éducation ?

 

Carrefour de Développement accompagne et encourage les jeunes femmes à établir ou reconstituer leur projet de vie. Notre soutien s’articule autour de plusieurs actions. D’abord, un travail de sensibilisation auprès des familles pour les amener à prendre conscience de l’importance cruciale de l’école. En effet, nos activités de sensibilisation auprès des parents portent essentiellement sur l’éducation des filles. Après qu’ils ont été identifiés au sein de la communauté par nos actrices du changement, les jeunes filles elles-mêmes ou les enseignants qui coopèrent avec notre association, nous rencontrons directement les parents et discutons avec eux.

 

Parallèlement, nous suivons les naissances dans les communautés et veillons à l’enregistrement de chacune d’elles. Pour les enfants scolarisés qui n’auraient pas été inscrits à l’état civil à leur naissance, nous intervenons auprès des écoles et facilitons l’établissement d’un jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance. Cet acte légal garantit aux enfants l’accès aux différents examens scolaires. En outre, nous prenons chaque année en charge des frais et fournitures scolaires pour encourager les jeunes femmes à poursuivre leurs études.

 

Enfin, nous aidons les mères de famille à développer des activités génératrices de revenus (AGR). Pour cela, nous leur transmettons des capacités techniques, en matière de gestion des activités notamment, et adaptons les formations aux capacités initiales de chaque femme bénéficiaire. Les enquêtes sociales réalisées montrent que cet appui aux AGR renforce l’autonomisation des femmes qui, par ricochet, sont en mesure d’envoyer leurs filles à l’école et d’éviter les mariages précoces.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur ces AGR ? Pourquoi avoir choisi des activités telles que l’élevage d’abeilles et la plantation d’arbres ?

 

A travers une formation de qualité, Carrefour de Développement transmet à des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans les compétences nécessaires pour la production et la commercialisation du miel, leur permettant ainsi de devenir de véritables actrices du changement. Actuellement, 30 jeunes femmes réalisent des exercices pratiques de charme d’abeilles dans les ruches, d’extraction ou de récolte du miel, d’entretien des ruches, de traitement et de transformation du miel en d’autres produits dérivés.  Nous avons sollicité un apiculteur professionnel pour les former et mettons des kits de production à leur disposition. En outre, elles gèrent des activités de reboisement afin de garantir une production suffisante de miel grâce au nectar des fleurs.

 

Ce choix de l’élevage d’abeilles et de la plantation d’arbres comme activités génératrices de revenus n’est pas celui de l’association mais bien des jeunes femmes elles-mêmes qui, pour certaines, avaient déjà de l’expérience en la matière. L’association a trouvé ces deux idées pertinentes et décidé de mettre à leur disposition les ressources nécessaires en matière de ressources humaines et de logistique afin de les accompagner au mieux dans le développement de leur projet. Cette initiative vise à assurer l’autonomie financière des jeunes femmes, leur permettant ainsi de subvenir aux besoins scolaires, sanitaires et alimentaires de leurs enfants. Parallèlement à ces activités rémunératrices, elles s’impliquent beaucoup dans d’autres activités en faveur et au sein de leur communauté ; cet engagement citoyen renforce encore la lutte pour mettre fin aux mariages précoces dans la préfecture.

 

 

Quelle est votre stratégie d’agriculture durable ? Comment fonctionne votre modèle de plantation d’arbres dans le cadre de votre projet ?

 

Notre modèle d’agriculture durable est fondé sur le concept d’agriculture dite “intelligente”. L’idée étant de rendre la plantation des arbres non seulement génératrice de revenus sur le long terme pour les jeunes femmes participant à notre programme, mais aussi d’être favorable à l’environnement. En effet, les conséquences du changement climatique au Togo se traduisent par des problèmes de désertification. La plantation d’arbres fruitiers bénéficie donc non seulement à l’environnement en permettant le reboisement des terres, mais également à la population locale pour laquelle la production et la vente de fruits constituent une réponse à leurs besoins alimentaires ainsi qu’une activité génératrice de revenus.

 

 

Il y aura deux sortes de plantations : la première sera destinée à une production à court terme, pour laquelle les femmes formées par notre équipe pourront cultiver et mettre en vente sur les marchés locaux les légumes, dès 3 mois après leur plantation. La deuxième sera un investissement à moyen et long terme ; les femmes mettront en place une pépinière composée d’arbres tels que les tecks, les manguiers, ou encore les agrumes. Ces arbres fruitiers permettront de reboiser la région, de subvenir aux besoins financiers des femmes de notre programme qui vendront les fruits ainsi que le miel produits, mais aussi de subvenir aux besoins alimentaires de la communauté. 

 

De plus, notre équipe s’engage à organiser des activités d’information, de communication et de sensibilisation sur le thème du changement climatique, dans le but d’encourager les communautés locales à reboiser la région avec des arbres fruitiers. 

 

Découvrez la manière dont vous pouvez soutenir ce projet : Formez les femmes togolaises pour mettre fin au mariage d’enfants ! 

 

[1]  https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2018/11/20/africa-loses-billions-of-dollars-due-to-child-marriage-says-new-world-bank-report

[2]  https://www.girlsnotbrides.org/themes/poverty/

[3]  Plan International

[4] Analyse situationnelle pour l’élaboration d’un programme national de lutte contre les grossesses et mariages précoces au Togo, août 2014 

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Notre rédactrice en chef

Andrea Ashworth

Andrea est écrivain, journaliste et universitaire. Elle a étudié et enseigné à Oxford, Yale et Princeton. Andrea a écrit pour de nombreuses publications, comme Vogue, Granta, The Times, The TLS et The Guardian. Elle est l'auteur d'un bestseller international, "La petite fille de Manchester" (titre original : "Once in a house on fire") pour lequel elle a reçu un prix. Andrea cherche à sensibiliser l'opinion sur la violence conjugale et à promouvoir l'alphabétisation et l'éducation.

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