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W4 – ce qui fait la force de notre équipe ?

L'équipe éditoriale W4

11/02/2020

 

Rencontrez Sterenn, membre de l’équipe W4 ! 

 

Depuis combien de temps travailles-tu avec l’équipe de W4 et quel poste occupes-tu ?

 

Je travaille avec W4 depuis presque un an et vais bientôt terminer la mission que j’ai effectuée à Kajiado en tant qu’assistante coordinatrice de programme de terrain. Actuellement au siège parisien, je vais très prochainement retourner en Afrique pour superviser la coordination de nos programmes de terrain au Kenya, en Tanzanie et plus largement en Afrique sub-saharienne.

 

 

Pourquoi as-tu rejoint W4 ?

 

Après mon master en Etudes africaines, j’ai saisi l’opportunité de partir au Kenya avec W4 pour travailler à Kajiado dans notre centre de formation qui propose aux jeunes femmes Massaï des formations en informatique et en entrepreneuriat. Il m’a paru évident de m’investir dans ce programme au Kenya car je souhaitais travailler dans le secteur des droits des femmes et acquérir une expérience de terrain en Afrique.

 

Selon toi, quels sont les obstacles majeurs que les filles et les femmes doivent surmonter pour exercer leurs droits et s’émanciper, globalement et dans les régions où tu interviens en particulier ?

 

Il existe encore tellement d’endroits dans le monde où les femmes et les filles ne sont pas perçues comme étant égales aux hommes. A Kajiado par exemple, les filles et les femmes font face à de multiples obstacles au plein exercice de leurs droits, tels que les mariages précoces ou les mutilations génitales féminines. Elles ont également du mal à faire entendre leur voix au sein de leur communauté. La majorité des étudiantes des programmes de formation de W4 sont des filles et jeunes femmes qui courent le risque d’être mariées de force, particulièrement à ce moment charnière lorsqu’elles terminent le lycée (si elles le terminent). Comme le manque de moyens financiers les empêche de poursuivre leurs études, c’est bien souvent ce moment que les parents choisissent pour marier leurs filles qui n’ont pas voix au chapitre. Bien sûr, la violation des droits des femmes n’est pas réservée à des pays comme le Kenya. En France par exemple, le mouvement Nous Toutes travaille actuellement sur la question des violences contre les femmes, encore trop largement répandues. A mon avis, les filles et les femmes ont encore du mal à se faire entendre et à exercer pleinement leurs droits dans quasiment tous les pays du monde.

 

 

Quelle est ta perception du rôle de W4 dans l’élimination de ces obstacles et la promotion de l’émancipation des femmes ?

 

W4 réalise un travail incroyable à travers le monde. L’organisation gère et finance de nombreux programmes d’émancipation des femmes comme celui implanté à Kajiado. Ce programme totalement gratuit se concentre sur la formation informatique et l’entrepreneuriat, et s’adresse à des filles et des jeunes femmes issues de milieux défavorisés. Il s’agit d’une initiative unique en son genre dans le comté de Kajiado. Les étudiantes qui viennent se former dans notre centre peuvent développer de nouvelles compétences mais aussi renforcer leur confiance en elles. Le cursus proposé leur donne les qualifications et les connaissances dont elles ont besoin pour déterminer leur propre avenir et construire leur vie en fonction de leurs propres valeurs ; elles peuvent ainsi clairement définir mais surtout mener à bien ce qu’elles souhaitent vraiment accomplir. Pour moi, c’est la définition d’une réelle émancipation.

 

 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans ton travail avec W4 ? Et le plus gratifiant ?

 

Le programme à Kajiado n’est pas facile à gérer. La plupart des étudiantes viennent de villages isolés et reculés, et de milieux pauvres. L’un des principaux défis reste le manque de volonté des parents de voir leurs filles continuer leurs études car ils n’en comprennent pas nécessairement la valeur et considèrent cela comme un poids pour la famille. Les étudiantes ont par ailleurs de longues distances à parcourir pour venir jusqu’au centre et cela peut représenter un coût non négligeable. Ce n’est pas toujours simple pour elles et cela peut même constituer un frein important. Un élément clé de ma mission consistait à m’assurer que les jeunes femmes aillent jusqu’au bout du cursus. Malgré l’impact positif que cette formation peut avoir sur les étudiantes, c’est parfois insuffisant pour garantir leur réussite. Je me souviens d’une jeune femme brillante qui a dû arrêter la formation car elle devait trouver un moyen de gagner sa vie afin d’aider sa mère et ses frères et sœurs ; elle n’avait pas d’autre choix. Une autre étudiante de 23 ans souffrait de graves problèmes de dos qui ont beaucoup affecté son apprentissage. C’est très commun chez les Massaï que les filles et les femmes souffrent de problèmes de dos car ce sont elles qui supportent la totalité du travail domestique, très éprouvant lorsqu’il s’agit de porter de lourdes charges. Cette jeune femme souffrira toute sa vie et c’est évidemment très frustrant d’être témoin de cette âpre réalité.

 

L’aspect le plus gratifiant de mon travail est de pouvoir en constater l’impact concret et positif, et de voir les filles réussir : c’est incroyable de les regarder apprendre, grandir et gagner en confiance. C’est une vraie victoire quand on est conscient de leur environnement et des difficultés qu’elles doivent surmonter. Alors quand on aperçoit un léger changement dans leur état d’esprit (qui est réellement nécessaire), c’est le signe qu’elles sont sur la bonne voie et qu’elles commencent à croire en elles.

 

Qu’as-tu appris de précieux en travaillant avec W4 ?

 

J’ai tellement appris grâce à W4 et à Lindsey. C’est une expérience professionnelle formidable. J’ai finalement trouvé ma vocation et j’aimerais continuer à travailler dans le domaine des droits et de l’émancipation des femmes. J’ai trouvé un sens à mon travail à W4 et je pense que c’est la chose la plus importante que l’on peut attendre de son travail.

 

 

Que dirais-tu pour encourager chacun(e) à soutenir W4 ?

 

J’invite toute personne intéressée par les droits et l’émancipation des femmes à se pencher sur les différents programmes de W4. L’éthique de W4 est profondément collaborative et s’inscrit au niveau local dans un véritable travail de terrain. Partout où nous choisissons d’intervenir, nous nous assurons de travailler main dans la main avec des associations et des communautés locales (c’est une démarche qui favorise la prise en charge du développement par les acteurs locaux). Je pense qu’il s’agit d’un des moyens les plus efficaces pour créer un impact positif et durable dans la vie des gens au niveau local. Soutenir W4, c’est nous permettre de continuer cet excellent travail !

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait travailler avec W4 ou une autre ONG dans un domaine similaire ?

 

Les ONG travaillent sur une grande diversité de sujets (environnement, droits des femmes, etc.) liés au développement et, quel que soit le secteur, je crois qu’il est essentiel de commencer à se forger une expérience en allant sur le terrain. Par ailleurs, il me semble indispensable de choisir une ONG qui correspond aux valeurs personnelles que l’on porte. L’alignement entre son travail et ses propres valeurs génère une grande satisfaction et un profond épanouissement.

 

Quels sont tes projets ?

 

Dans l’immédiat, je continue avec W4 à gérer et à développer nos différents programmes en Afrique. Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir professionnel à long terme mais je suis certaine de continuer à travailler au service de l’émancipation des femmes.

 

 

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Notre rédactrice en chef

Andrea Ashworth

Andrea est écrivain, journaliste et universitaire. Elle a étudié et enseigné à Oxford, Yale et Princeton. Andrea a écrit pour de nombreuses publications, comme Vogue, Granta, The Times, The TLS et The Guardian. Elle est l'auteur d'un bestseller international, "La petite fille de Manchester" (titre original : "Once in a house on fire") pour lequel elle a reçu un prix. Andrea cherche à sensibiliser l'opinion sur la violence conjugale et à promouvoir l'alphabétisation et l'éducation.

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