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W4 interview Astha Sharma – Co-fondatrice de Code Rush au Népal

Interview menée par Alexia Jacob

20/01/2020

 
Astha Sharma, jeune et brillante co-fondatrice de Code Rush au Népal, discute avec W4 de sa volonté à promouvoir la participation des femmes et des filles dans le secteur technologique au Népal. 
 

Si vous commenciez par nous parler un peu de vous et de votre engagement auprès de Girls in Technology ?

 

W4 interview Astha SharmaJe suis ingénieure en électronique et communications à Katmandou, au Népal, et chercheuse dans le domaine de la blockchain (une technologie de stockage et de transmission d’informations) depuis quelques mois. Je tiens également un blog, « BlockStuffs », sur lequel je partage mes connaissances sur la technologie blockchain ainsi que des actualités et histoires en provenance du monde entier. J’ai rejoint Girls in Technology (GIT) lorsque j’étais encore au lycée et j’y ai occupé le poste de responsable technique au cours des quatre dernières années.

 

Lorsque j’étudiais l’ingénierie à l’université, les femmes représentaient moins de 10% du nombre total d’étudiants. Au Népal, la proportion de femmes et de jeunes filles dans la plupart des filières éducatives techniques est dramatiquement faible. C’est la raison principale pour laquelle j’ai décidé de m’engager aux côtés de GIT, une communauté ouverte qui favorise la participation des femmes au secteur de la technologie.

 

J’ai récemment co-fondé « Code Rush », une entreprise informatique qui forme et emploie des femmes et des jeunes filles récemment diplômées afin de développer divers services destinés à nos clients. Nous sommes en phase de lancement et je m’occupe actuellement de définir la feuille de route de l’entreprise.

 

Depuis 2015, j’ai concentré mes efforts sur la mise en place d’initiatives permettant aux femmes et aux jeunes filles d’acquérir les compétences nécessaires pour mener des carrières à orientation technologique. Avec GIT, j’ai voulu créer une plateforme permettant de réunir les femmes qui s’intéressent au secteur tech et celles qui y sont déjà impliquées. L’objectif principal est de mettre à disposition un espace qui permet de rassembler des étudiantes, des novices avec peu ou pas d’expérience, et des professionnelles du secteur afin qu’elles puissent partager leurs parcours, perspectives et expériences.

 

W4 - Code Rush

 

Quels sont les principaux défis auxquels doivent faire face les femmes et les jeunes filles au Népal, particulièrement en termes d’émancipation ? En quoi leur inclusion dans le secteur des technologies représente-t-elle un atout pour les entreprises ?

 

Au Népal, où le taux d’alphabétisation des adultes oscille autour des 64,7%, le marché de l’emploi tend à s’aligner sur les stéréotypes de genre. Les tâches ménagères sont considérées comme des activités destinées aux femmes, tandis que les hommes sont généralement libres de poursuivre leurs ambitions professionnelles. Heureusement, ce modèle est en train de changer mais les femmes se retrouvent néanmoins en difficulté lorsqu’il s’agit de concilier travail et responsabilités familiales. Elles peinent à trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, et sont nombreuses au Népal à renoncer à leur carrière pour prendre soin de leur famille. 

 

Dans la société népalaise, les jeunes filles sont souvent forcées ou se sentent obligées de se marier jeunes ; c’est une réalité difficilement tolérable. Si une jeune fille n’a pas l’opportunité d’étudier à l’université, elle subit une pression qui l’incite à se marier et à fonder une famille rapidement après l’obtention de son diplôme. Ce diagnostic s’applique à un grand nombre de femmes et jeunes filles au Népal malgré l’existence de familles et communautés plus progressistes au sein desquelles la situation diffère un peu. Quant aux technologies, la plupart des étudiantes ne l’envisagent même pas comme un choix de carrière tellement cela leur semble hors de portée.

 

Globalement, la ségrégation professionnelle persiste au Népal où les femmes occupent des postes à rémunération inférieure. Par ailleurs, le secteur des TIC a toujours été dominé par les hommes. Ainsi, même si les femmes suivent des études ou débutent une carrière dans ce domaine, elles ont tendance à occuper des postes subalternes : elles occupent seulement 30% des postes de type opérationnel ou technique, 15% des postes managériaux et 11% des postes stratégiques et de planification. De fait, les femmes et jeunes filles qui étudient ou travaillent dans les secteurs techniques souffrent de leur présence largement minoritaire. Dans une pièce remplie d’hommes, il est souvent difficile pour les femmes de faire entendre leur voix et de s’exprimer. En outre, avec peu de modèles féminins sur lesquels prendre exemple, les femmes et les jeunes filles peuvent perdre confiance en elles ce qui, par ricochet, les empêche de progresser dans le secteur des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).

 

Ce manque de diversité est choquant, non seulement pour les femmes mais pour l’ensemble de la société. Les technologies de l’information (TI) jouent un rôle de plus en plus fondamental dans tous les aspects de la société et la plupart des innovations modernes. La technologie est le fer de lance du développement de toute nation. Toutefois, les femmes demeurent le groupe minoritaire le plus sous-représenté dans le secteur technique. Il ne fait aucun doute que le problème ne vient pas des compétences des femmes et des jeunes filles. Une étude menée par l’American Association of University Women, « Why So Few? Women in Science, Technology, Engineering, and Mathematics » (« Pourquoi si peu ? Les femmes dans les secteurs de la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques ») montre que les femmes réussissent de façon remarquable dans ces filières.

 

Par ailleurs, les études montrent que la diversité est facteur d’innovation et soulignent les multiples avantages d’une participation accrue des femmes dans les STEM, avec des résultats allant d’une meilleure prise de décision au sein de l’entreprise jusqu’à l’accroissement de l’innovation. En bref, ce manque persistant de femmes dans le secteur des TI génère un déficit d’idées, d’innovations et de savoirs précieux que les femmes pourraient justement apporter.

 

Outre l’impact négatif de cette faible diversité sur les performances des entreprises et de leurs équipes, la persistance des biais de genre, appliqués au domaine de l’intelligence artificielle (IA) par exemple, constitue un vrai danger.

 

W4.org

 

Quelle est la genèse de Girls in Technology et l’actualité de vos activités et programmes ?

 

Je me suis impliquée dans Girls in Technology avec sept autres filles étudiantes en STEM qui espéraient poursuivre une carrière dans ce secteur. Nous voulions sensibiliser les autres femmes et jeunes filles aux possibilités que peuvent offrir les technologies. Douze autres membres nous ont rejoint ensuite pour créer une plateforme à l’intention des femmes et jeunes filles susceptibles d’être intéressées par les TIC ou déjà engagées dans un travail lié aux TIC, tout cela dans le but de les encourager à se consacrer à des études et carrières dans un secteur technique. Notre but était de rassembler des femmes pleines de talent évoluant dans le secteur tech et des nouvelles venues afin d’encourager l’apprentissage, l’inspiration, l’émulation et l’émerveillement – et d’encourager des conversations qui font la différence.

 

Avec GIT, notre objectif ultime est de voir davantage de femmes atteindre des positions de leadership dans les carrières STEM et, pour ce faire, nous encourageons les filles le plus tôt possible à poursuivre des études et une carrière dans des secteurs techniques.

 

W4 - Code RushGIT cherche principalement à permettre aux femmes et aux jeunes filles d’acquérir les compétences nécessaires à leur future carrière dans les STEM. Nous organisons également des événements de réseautage pour donner aux étudiantes et novices l’opportunité d’interagir avec des professionnelles qui travaillent et réussissent dans ces domaines. Nous avons organisé un grand nombre d’activités différentes telles que des ateliers sur l’entrepreneuriat féminin, des conférences avec des intervenants professionnels, des démonstrations de projet et des panels de discussion. Nous avons récemment organisé une conférence qui a rassemblé plus de 150 femmes : cela était très inspirant étant donné la grande diversité des participantes et de leurs antécédents. Nous avons aussi donné une conférence qui a permis d’explorer les obstacles et les opportunités pour les femmes dans le secteur tech au Népal.

 

En plus de tout cela, GIT propose des ateliers intensifs de formation pour apporter aux femmes et jeunes filles des connaissances plus avancées en programmation informatique. Nous avons surtout développé les ateliers « Zero to Basics », destinés aux novices, qui alimentent leur intérêt pour le secteur et leur permettent d’y faire leurs premiers pas.

 

w4.org

 

Quels sont les objectifs de votre nouvelle entreprise Code Rush ? En quoi est-elle complémentaire du travail mené par Girls in Technology ?

 

Selon une étude réalisée par l’Université de Stanford, 40% des hommes diplômés dans un domaine STEM sont amenés à poursuivre une carrière dans des professions liées aux STEM. Cependant, seulement 26% des femmes diplômées ont cette chance.

 

Code Rush soutient les élèves et leur donne accès à des offres de stages et d’emploi après validation de leur formation. A long-terme, nous souhaitons tisser un réseau de professionnelles compétentes en TIC qui seront les leaders de demain.

 

Avec Girls in Technology et Code Rush, nous mettons en avant les accomplissements et le potentiel des femmes et des jeunes filles dans les secteurs techniques, afin de sensibiliser le public aux stéréotypes et, par conséquent, de lutter contre ceux-ci. Nous travaillons dans un état d’esprit progressiste et contribuons à l’émergence d’un environnement et d’un éco-système propices aux femmes qui souhaitent étudier et travailler dans les TIC. Le côté positif du secteur informatique est qu’il permet de travailler à distance, depuis chez soi, dans la mesure où il y a une bonne connexion internet. Cette flexibilité représente une solution pour certaines femmes en leur permettant de mieux concilier leur métier et leurs responsabilités familiales, tout en évitant le difficile compromis entre carrière et vie privée.

 

En tant que professionnelle évoluant dans le secteur tech, j’essaye moi aussi d’être un modèle et j’espère pouvoir inspirer d’autres jeunes femmes à concrétiser leur potentiel dans ce milieu.

 

W4 - Code Rush

 

Comment chacun peut-il soutenir votre projet ?

 

Il existe de nombreuses façons de nous soutenir. Nous sommes toujours à la recherche de mentors et de formateurs pouvant partager leurs connaissances techniques et leur expérience. Nous avons également besoin d’un soutien non-technique pour développer notre communauté ; nous encourageons toutes les personnes qui le souhaitent à communiquer sur notre travail et nos activités, à en parler avec leur entourage ou sur les réseaux sociaux. Cette visibilité est importante pour que nous puissions continuer à exister.

 

Souhaitez-vous transmettre à nos lecteurs et lectrices un dernier message ?

 

Travaillons main dans la main afin d’encourager les leaders et innovateurs de demain : « Dans le futur, il n’y aura pas de leader féminin. Il y aura simplement des leaders. » – Sheryl Sandberg, Lean In: Women, Work, and the Will to Lead.

 

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Notre rédactrice en chef

Andrea Ashworth

Andrea est écrivain, journaliste et universitaire. Elle a étudié et enseigné à Oxford, Yale et Princeton. Andrea a écrit pour de nombreuses publications, comme Vogue, Granta, The Times, The TLS et The Guardian. Elle est l'auteur d'un bestseller international, "La petite fille de Manchester" (titre original : "Once in a house on fire") pour lequel elle a reçu un prix. Andrea cherche à sensibiliser l'opinion sur la violence conjugale et à promouvoir l'alphabétisation et l'éducation.

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